Combien de cabinets dentaires sont réellement à vendre en France à un instant donné ? La question paraît simple, mais aucune source ne la centralise. Nous avons donc recensé, en juillet 2026, l'ensemble des annonces de cession publiées sur les douze principales sources françaises : sites spécialisés, service d'annonces de l'Ordre national et des conseils départementaux, plateformes de cession d'entreprise et petites annonces. Voici ce que révèle ce premier état des lieux.
Environ 350 à 400 cabinets à vendre en ligne — un marché visible étonnamment étroit
Après recensement et dédoublonnage (une même annonce de courtier apparaît souvent sur deux ou trois sites), on dénombre environ 350 à 400 annonces de cession actives et distinctes à l'échelle nationale. C'est peu : rapporté aux 47 636 chirurgiens-dentistes en exercice (DREES, 2026) et aux quelque 14 000 cessions attendues d'ici 2030 sous l'effet des départs à la retraite, le marché visible en ligne ne représente qu'une fraction infime du mouvement réel.
L'explication tient en une phrase : la grande majorité des cessions de cabinets dentaires se règlent encore hors ligne, par le bouche-à-oreille confraternel, les réseaux d'anciens et les courtiers spécialisés. L'annonce publique reste l'exception, pas la règle.
Un marché fragmenté, sans acteur dominant
Aucune plateforme ne concentre l'offre. La source la plus fournie plafonne autour de la centaine d'annonces actives, et la moitié des canaux recensés sont vieillissants : rubriques d'annonces fermées, stocks jamais purgés mêlant annonces récentes et archives, pages en erreur. La répartition observée :
- Sites spécialisés dentaires (annonces de cabinets, petites annonces professionnelles) : le gros du volume, mais éclaté sur quatre à cinq sites concurrents.
- Ordre national des chirurgiens-dentistes : 25 annonces de vente actives, gratuites et très qualifiées (nombre de fauteuils, exercice individuel ou en société, murs inclus ou non). C'est la source la plus propre, un bon étalon de ce qu'attendent les cédants.
- Conseils départementaux de l'Ordre et URPS : une douzaine d'annonces, dispersées territoire par territoire.
- Plateformes généralistes de cession et petites annonces : quelques cabinets seulement, souvent noyés parmi des locaux commerciaux nus.
Où sont les cabinets à vendre ? Île-de-France et littoral méditerranéen en tête
La géographie des annonces recoupe celle de la démographie dentaire — et de son vieillissement. Les départements les plus représentés dans notre relevé :
- Paris (75) et la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Yvelines) : l'Île-de-France domine largement, portée par la densité de praticiens et une vague de départs concentrée.
- Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Alpes-Maritimes (06) : le littoral méditerranéen forme le deuxième foyer, cohérent avec l'attractivité de la région et l'âge moyen élevé des installés.
- Rhône (69), Bas-Rhin (67), Loire-Atlantique (44), Haute-Garonne (31), Gironde (33) : les grandes métropoles régionales complètent le tableau.
À l'inverse, les zones rurales et les départements sous-dotés apparaissent peu — non que les cabinets n'y changent pas de mains, mais parce que les cessions s'y font presque exclusivement en direct, sans passer par une annonce.
Le prix, grand absent des annonces
Fait marquant : la quasi-totalité des annonces n'affiche aucun prix de cession. Le chiffre d'affaires lui-même n'est mentionné que dans une minorité de cas. Cette opacité, habituelle dans la transmission libérale, complique la tâche des repreneurs — surtout des jeunes diplômés — qui n'ont aucun repère de valorisation avant d'entrer en contact. C'est précisément là qu'une donnée standardisée (CA, EBE, patientèle active, zonage) fait la différence.
Ce que la régulation 2025 change en profondeur
Depuis le 1er janvier 2025, la règle « un départ = une arrivée » s'applique dans les zones non prioritaires : s'y installer suppose qu'un confrère libère sa place. L'annonce de cession devient de ce fait un actif rare, comparable à ce qu'est la licence dans d'autres professions réglementées. Le zonage ARS de la commune — sous-doté, très sous-doté, non prioritaire — devient le premier critère de recherche des candidats à l'installation. Une information que la plupart des annonces actuelles… n'indiquent pas.
Notre lecture
Le marché de la cession dentaire est à un tournant : le flux de départs s'accélère, la régulation rend chaque annonce stratégique, mais l'offre en ligne reste rare, dispersée et peu documentée. Pour un cédant, cela signifie qu'une annonce complète et bien renseignée se distingue immédiatement. Pour un repreneur, que la veille demande aujourd'hui de surveiller une dizaine de sources différentes.
C'est la raison d'être de Ouidentaire : centraliser ces annonces, les standardiser (chiffres clés, équipement, zonage ARS, forme juridique) et les rendre visibles des seuls professionnels vérifiés. Consultez les annonces en ligne ou déposez la vôtre gratuitement.
Méthodologie : recensement manuel réalisé le 19 juillet 2026 sur douze sources publiques françaises (sites spécialisés dentaires, service d'annonces de l'Ordre national et de conseils départementaux, URPS, plateformes de cession généralistes, petites annonces). Périmètre : cabinets en exercice à céder (patientèle, fonds libéral ou parts de société). Sont exclus le matériel seul, les locaux nus et les collaborations. Les doublons inter-sites — fréquents chez les courtiers qui multidiffusent — ont été retirés. Les fourchettes tiennent compte des annonces non extraites individuellement sur les deux plus gros sites. Sources démographiques : DREES (démographie des professionnels de santé, 2025-2026).