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Démographie chirurgien-dentiste France 2026 :...
Au 1er janvier 2026, la France compte 47 636 chirurgiens-dentistes en activité (source DREES). Une profession en pleine mutation : féminisation, urbanisation, vieillissement, et une vague de cessions à venir qui va redessiner le paysage pour la décennie 2030.
Effectifs et évolution
L'effectif total est stable depuis 10 ans, autour de 47 000-48 000 praticiens. La densité moyenne est de 70 dentistes pour 100 000 habitants — l'une des plus élevées d'Europe. Mais la moyenne cache des disparités fortes : Paris affiche 130 dentistes / 100 000 hab., contre 35-45 en zone rurale.
Pyramide des âges et vague de retraites
L'âge moyen est de 49 ans. Les plus de 60 ans représentent 28 % des effectifs, soit environ 13 500 praticiens. À horizon 2030, on estime que :
~14 000 dentistes partiront à la retraite (30 % de l'effectif).
Le flux annuel de cessions devrait passer de 1 800/an aujourd'hui à 3 000-3 500/an entre 2027 et 2030.
Le nombre de nouveaux diplômés (~1 200/an) ne suffit pas à compenser le tonnage des départs.
Conséquence : marché des cessions tendu, valorisations en hausse dans les zones recherchées, opportunités fortes pour les jeunes praticiens dans les territoires.
Féminisation
La profession se féminise rapidement : 52 % des chirurgiens-dentistes ont moins de 40 ans sont des femmes (vs 32 % toutes générations confondues). Cette tendance s'accompagne d'évolutions dans les modes d'exercice : préférence accrue pour la collaboration libérale (souplesse), le temps partiel et l'exercice salarié en centre dentaire.
Modes d'exercice
Libéral installé : ~80 % (38 000 praticiens).
Salarié en centre dentaire : ~10 % (5 000), en forte croissance avec l'essor des centres Dentego, Vyv, etc.
Collaborateur libéral : ~7 % (3 300), majoritairement des moins de 35 ans.
Hospitalier, enseignement, autres : ~3 % (1 400).
Répartition géographique
53 % des chirurgiens-dentistes exercent dans 4 régions : Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA, Occitanie. Les déserts dentaires (densité < 40/100 000 hab.) concernent une centaine de départements ruraux. C'est précisément pour adresser ce déséquilibre qu'a été instaurée la régulation 2025 du conventionnement en zone non prioritaire (ZNP) : depuis le 1er janvier 2025, on ne peut s'installer en ZNP qu'en remplacement d'un confrère qui cesse son activité.
Implications pour les acteurs du marché
Pour les cédants
Le moment est favorable : la demande de cabinets à vendre dépasse l'offre dans la plupart des zones, ce qui soutient les valorisations. Préparer sa cession 12-18 mois en amont permet de capter au maximum cette dynamique.
Pour les repreneurs
L'offre s'élargit mécaniquement avec la vague de retraites. Les meilleures opportunités sont dans les zones intermédiaires et sous-dotées : prix de cession raisonnables, demande de soins forte, aides à l'installation (CAID, CIID) cumulables.
Pour les centres dentaires et investisseurs
La consolidation se poursuit : les groupes Dentego, Vyv, Mutualité Française et nouveaux entrants ciblent des cabinets en zones urbaines et péri-urbaines. Modèle économique : transition vers le salariat + scale via centres multi-fauteuils.
À retenir
La démographie dentaire française entre dans une phase de transformation accélérée. La vague de cessions des 5 prochaines années est une opportunité pour les jeunes praticiens, un défi pour la régulation territoriale, et un moteur de structuration du marché. S'informer en continu et anticiper son projet sont les meilleurs leviers, que l'on soit cédant ou repreneur.
Sources : DREES "Communiqué démographie professionnels de santé 2025", Ordre National des Chirurgiens-Dentistes "Atlas 2025", CARCDSF.
Équipe
12 mai 2026 • 5 min